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lundi 25 mai 2015

Cette pomme



Cette pomme exquise n'est pas d'or mais de chair. Elle bat comme un cœur noir peinant au désir, Impérieux, volontaire, fol et tenace. Elle est une bouche indécise qui, à tort Ou raison, ne sait ce qu'elle épèle, sans cesse Aux aguets, en arrêt, et qui reprend, loquace Et volubile, vorace d'être et d'avoir. Cette pomme n'est pas moi et pourtant m'appelle, Moi et d'autres, tant d'autres dont je n'ai que faire.



jeudi 11 août 2011

Textes courts : Fatigue

FATIGUE.


Il mettait un acharnement tel à ne pas vivre qu’il faisait peine à voir.

L’homme dont nous parlons avait, pourtant, à peine trente ans.

Il passait sa journée à s’occuper, comme atteint de fièvre, de façon qu’il fût suffisamment fatigué, la nuit tard venue, pour pouvoir dormir quelques heures ; puis tout recommençait.

Lorsque la maladie le frappait et amoindrissait son corps, un immense soulagement l’emplissait tout entier : c’étaient les seuls moments où s’apaisait quelque peu son cœur.

Le sommeil, à part égale, était son ami, car il était vide des rêves inutiles qui réjouissent ou hantent le réveil : il ne savait si la cavale était noire ou blanche.

Le dernier somme, à son goût, tardait trop à venir.


jeudi 4 août 2011

Textes courts : Partage

PARTAGE.


Elle pensait que les parts de chacun se retrouvaient dans chacun autre, que l’un partage avec tous les traits nombreux de son être, et que, par conséquent, en se connaissant elle-même, elle eût pu connaître ses semblables.

Ce n’était point qu’elle fît sienne la colère d’un tel ; ce n’était point qu’elle compatît à la douleur de telle autre, ou qu’elle aimât d’un amour identique le même objet que cet autre encore.

Non : elle comprenait ces étranges vivants, lesquels parfois lui paraissaient très-morts.

Cela ne lui empêchait pas de vivre sa vie — tout au contraire.


jeudi 28 juillet 2011

Textes courts : Lumières

LUMIÈRES.


Elle habitait au dernier étage d’un grand immeuble.

La nuit, le cahot de la ville s’apaise ; elle passe les siennes à la fenêtre, les yeux dans le vague de cette grande ténèbre et de ses lumières.

« Combien de gens que je ne sais, qui ont, eux aussi, leur vie ? »

Sur la route, le matin, elle voyait passer le Métropolitain, aux fenêtres duquel étaient entassés les visages, différents, toujours ; mais jamais un sourire.

« Combien de gens que je ne sais, qui ont, eux aussi, leur vie ? »

Au dessus du cercle polaire, des îles immenses. Là aussi, de rares lumières, de minuscules villages, au milieu de la neige noire.


jeudi 21 juillet 2011

Textes courts : Tourne

TOURNE.


Il était distrait et fainéant ; mais on ne lui en voulait pas pour autant, car il était beau, et portait un grand sourire. C’était un peu un enfant : les femmes recherchaient sa société, forcément.

Il prit nombre maîtresses, car le plaisir est toujours chose à prendre ; mais c’est une chose qui se sait, et la femme est une créature jalouse : des scènes s’en suivaient, violentes parfois ; mais on ne lui en voulait pas pour autant, car il était beau, et portait un grand sourire.

Ce jeu de dupes, où chacune pensait être la première, dura long-temps ; mais on ne lui en voulait pas pour autant : c’était un peu un enfant.


jeudi 14 juillet 2011

Textes courts : Places

PLACES.


Il y a une femme toujours chez les hommes quelque part : une femme qu’il y a ; femme qu’il y aura ; qu’il y avait ; celle qui, si, il y eût… — sans compter toutes celles qui, parce qu’elles sont belles ; et celles autres, aussi, parce qu’elles ne le sont pas.

Volontiers elles croient qu’elles sont pour nous semblables à des perles qu’on enfile, à ces parts indistinctes d’un chapelet, duquel elles voudraient être la croix.

En vérité, chacune est telle, et n’est pas : le nom, à défaut du visage, demeure, et prend bien plus de place qu’il n’en faut pour l’écrire.

Arrive en suite un jour, où la tête est pleine, qui empêche les nouveaux amours, tant est lourd le poids de ceux qui ne sont plus.

Il faudrait alors faire table rase ; mais, pour cela, être femme.


jeudi 7 juillet 2011

Textes courts : Un bar

UN BAR.


Deux hommes au comptoir, accoudés et bière, au matin.

« — C’t’incroyab’comm’è’s’prenn’nt les femmes. È’veul’nt l’égalité et tout l’bordel, et è’voudraient encore qu’on leur tienn’ la porte quand ell’s passent.

— Ben ouais qu’ès’tu veux, c’est l’argent et l’argent du beurre. Mais bon, c’est pas comm’si on peut y faire què’qu’chose.

— ‘Faut pas flancher, gars. ‘Faut y faire pareil qu’ell’s font : la port’dans la gueule. Et j’t’en foutrai des s’te plaît merci.

— Arrête. Ça sert à rien tout ça. Pis c’est qu’des femmes. »

Une jeune femme entre dans le bar, entre aux toilettes, un temps, en sort ; l’homme (1) la devance dans sa course et lui tient la porte ; elle fait un sourire crispé et sort ; l’autre revient au bar.

« — C’est qu’des mots c’que tu viens d’me dire : t’es allé lécher ses bottes.

— Nan, là c’est pas pareil : elle était jolie. »


jeudi 30 juin 2011

Textes courts : Au soir

AU SOIR.


Je suis à l’image de tout homme pour qui les honneurs et la gloire, les femmes, la richesse, le pouvoir, ne sont plus rien : je ne veux plus que paix, retraite, tranquillité.

On fait bien assez de bruit dans sa vie — on en entend bien trop, aussi. Je souhaite le calme et le silence comme derniers luxes.

On a tant détruit — les êtres chers, beaucoup de choses, aussi : il n’est jamais trop tard pour bêcher la terre.

Tous sont morts autour de moi : me reste juste assez de mémoire pour les honorer chaque jour.

Mes enfants ? — je n’en ai pas eu. Ils ne m’auraient aimé pas.

Suffit.

Que me sert d’égrener les vœux qui ne seront ? : cet hôpital m’est une prison.

Tuons-nous demain : il est trop tard déjà, ce soir.

jeudi 16 juin 2011

Textes courts : Souvenir

SOUVENIR.


Le passé n’accroche pas sa mémoire : la tresse nouée se défile aussitôt.

Deux choses le relient au passé qu’il aimerait pourtant aimer, et dans lesquelles il passe ses jours entiers : son journal intime, et la photographie.

Il écrit sa vie, qu’il lira le jour suivant comme celle d’un autre.

Il s’étonne qu’il ait pu voir, la veille, un tel coucher dessus les toits, car aujourd’hui le ciel est gris.

Le détail ne nous intéresse pas — passons : il l’oubliera vite assez.


samedi 4 juin 2011

Textes courts : Alcool

ALCOOL.


L’alcool est chose étrange, bien qu’elle me soit familière. C’est moins une fée jolie qu’un petit démon.

À présent je n’arrive plus même à dormir : je me réveille aussitôt d’un cauchemar, couvert de sueur.

Les jours passent identiques, et ils passent vite : c’est grand mérite.

Bien sûr, je ne peux avaler la moindre chose, et maigris à vue d’œil — je veux dire : pour ce que je peux en voir, car j’ai brisé chez moi tous les miroirs, et ne sors plus guère que pour les achats que l’on devine.

C’est une mort comme une autre : il en existe mille qui se valent — brèves ou longues, seulement ; un peu plus ou un peu moins de douleur, c’est selon, j’imagine ; et quelle importance ? : le résultat est le même.

Il fut un temps, pourtant, où c’était bien. Ce devait être il y a long.

*

(Fin des textes courts)

Textes courts : Au café

AU CAFÉ.


Il est arrivé un peu tôt.

Le café est presque vide : il vient d’ouvrir. Un vieil homme, barbu, parle au comptoir. Au fond, deux filles papottent. Pas encore de musique à cette heure ; la machine à expresso seule siffle de temps à autre.

Par ailleurs, il commande un café, en attendant. Il se demande ce qu’elle fait, si elle viendra.

Peu après, elle passe la porte.

Ils se sourient et se saluent. Questions et réponses habituelles. Puis il lui demande — veut-elle boire quelque chose ? un thé merci.

C’est fou y a personne — c’est normal vu l’heure qu’il est — mhmh — les cours comment va ? — ah, professeur un tel — oui et comment elle s’appelle déjà.

On apporte la tasse de thé et le pot d’eau, chaude.

Textes courts : Les gens

LES GENS.


— Alors à ce soir !

— À ce soir !

— À tout à l’heure !

— Ça te fais rien si je ramène… ? Alors à tout à l’heure !

— Ça te dérange si on décale à demain ?

— Désolé finalement ce soir je ne peux pas. Un autre jour quand tu veux ?

— On ferait pas plutôt un resto ? je t’invite.

— …

— Désolé pour la semaine dernière : un imprévu. Pouh, fatigué. Tu veux que je vienne vers quelle heure ?… Comment ça c’est pas la peine ? … Mais c’était… … Écoute je voulais pas… Désolé, vraiment… Bon, O.K.

mercredi 25 mai 2011

Textes courts : Habitudes

HABITUDES.


Elle était vieille avant l’âge. Les formes se précisaient ; les murs la rassuraient. Elle avait grandi en ville, et ne connaissait que cela : elle éprouvait une sorte d’indifférence à la vue de la verdure.

À l’exemple des autres autour d’elle, elle pensait et disait qu’un peu de campagne, la fin de semaine venue, faisait du bien : on y respire mieux ; tout y est plus calme.

Bien sûr, cela ne durait guère, car on y trouvait, et l’on y trouve encore, un peu trop d’insectes et de bêtes, qui rampent, qui grouillent, qui volent et vivent. Quand, la nuit, elle ne parvient à trouver le sommeil, les bruits l’inquiètent. On ne sait d’où ils viennent, ni ce qui, ou quoi les fait.

En vérité, elle était soulagée quand, le dimanche soir, ils reprenaient la route vers la capitale. Tout ce qu’on y entend, tout ce qu’on y voit, est connu, familier : les bas-côtés de bitume ; le vrombissement des automobiles ; les mille conversations qui se mêlent, dans la rue ; les voix des voisins, du dessous, du dessus ; les ragots du boulot, l’immeuble d’en face, les sirènes au loin.

Au milieu de tout cela elle se sentait, sinon bien, mieux — question d’habitude. Ces choses qui nous entourent nous deviennent, à force de côtoiement, quelque peu nécessaires.

Le nombre des lieux chargés d’affect diminue. Lui restaient : sa nouvelle « maison », le bureau, l’appartement parental, où elle retournait avec un plaisir certain, le plaisir que procure l’illusion tenace qu’on peut s’en retourner à l’état antérieur des choses, n’avoir plus à décider de rien, que se laisser nourrir, choyer, vivre en enfantine insouciance — un cocon. Cet appartement était pour elle un utérus — c’est chose étrange à s’imaginer, si l’on s’y arrête un temps.

Le décor était là, et ne changerait probablement pas.

Les gens aussi font partie du décor. En ville les occasions, à fin de fidéliser de nouveaux visages, manquent et ne manquent pas ; mais cela importe peu : le cercle avec le temps assemblé se fige.


mercredi 18 mai 2011

Textes courts : Manger

MANGER.


« Il faut manger car tout ce qui nous entoure nous dévore », se plaisait-il à dire. « Il ne faut pas en rire, mais faire sien ce qui n’est pas soi. » Il portait de fines lunettes. Derrière, des yeux éteints, lesquels, par ailleurs, ne voyaient plus.

« Manger pour demeurer un peu plus encore. » Il parlait sans vraiment ouvrir la bouche. « Être soi-même mangé, voilà le grand repos. »

Sa voix vibrait dans l’air et ses mains s’agitaient devant son visage. Ses doigts, longs, et fins. « L’air, oui. À chaque instant nous partageons la nourriture. »

Le maître-marionnettiste s’amusait bien.


Textes courts : Propriétés

PROPRIÉTÉS.


Il n’aime pas à la voir sourire ingénuement aux hommes mûrs qui l’entourent.

Elle n’aime pas à le voir poser sa main sur les épaules dénudées des filles qu’il approche.

Les variations sont innombrables et le domaine n’a pas de limite.

À présent les comptes sont en ordre : tous deux sont morts — rien à voir avec l’affaire : accident de voiture.



Textes courts : Sommes

SOMMES.


Un livre dans un livre. Un rêve à l’intérieur d’un rêve. Une chose qu’on sait si bien qu’elle fait mal.

Il s’allongeait des heures durant, sans que l’on pût deviner courir les cavales de dans sa tête. Il sortait toujours plus fatigué de tous ces songes.

Pourtant, il y retournait, avait hâte de ce faire.

Il est vrai qu’il avait beaucoup à oublier.

mardi 26 avril 2011

Textes courts : Jouir

JOUIR.


Aussi loin que je me souviens, je me suis toujours caressé. — Caressé ! mot dont abusent les femmes, lesquelles voudraient bien le mettre dans notre bouche.

Elles ne savent la violence de la chose, et n’en veulent rien savoir.

Connaissent-elles une seule chose autrement qu’à travers l’idée qu’elles s’en font ? Elles déprécient ce qu’elles réprouvent — tout ce qui n’est pas elles n’existe pas.
Elles sont un bestiaire immense, protestent un peu quand la pique touche, mais n’y veulent rien changer.

Vaches, autruches, truies, fourmis, chattes et chiennes.

Y a-t-il quelque part une femme qui soit digne d’estime ?

L’accouplement est un simulacre de masturbation. On ne s’accouple plus que rarement pour se reproduire. On se frotte censément pour se faire plaisir. Tout se passerait mieux si l’acte était perçu comme ce qu’il est à présent : une masturbation à deux.
S’emboiter ne veut pas dire qu’on ne fait plus qu’un.

C’est grand dommage que tous ces détournements d’usage, ces baises pour rassurer sa femme, ces baises pour conserver son homme. Quelques petits cris de contentement — un murmure, un gémissement suffit — sont le vernis nouveau des vanités.
De toute façon, les hormones avec le temps se calment — ce qui met tout le monde d’accord.

N’est-ce pas ?

C’est peut-être par ailleurs mon premier souvenir, ces innombrables fois de plaisirs solitaires et aléatoires, ainsi que la recherche de nouvelles façon de venir.
Allez dire cela aux mères.

Tout compte fait, ne le leur en faites pas part : elles croiraient qu’on passe son temps à mentir, et à courir après des chimères.

mardi 19 avril 2011

Textes courts : Habitude

HABITUDE.


Qu’est-ce qui gouverne les relations humaines ? — la fortuité de la rencontre — son charme, aussi — l’aléa chimique du plaisant — la volonté du revoir — et puis ? et puis quoi ? Qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui fait qu’on s’accroche — parfois jusqu’au désespoir — en amitié, comme en amour ?

On s’habitue. À n’être plus seul. À l’idée d’être nécessaire à quelqu’un, quelqu’une, quelqu’autre. On s’habitue aux habitudes — on s’y habitue vite —, aux petits rites, aux phrases connues, aux horaires dits, aux attentions prévisibles, aux sentiments balisés, au sexe rapide des jours de fête, aux coups de fil d’anniversaire, aux déjeuners du dimanche. On se dit que puisque ça dure, ça réussit, ça gagne, ça grandit. On ne veut pas perdre la face. Plutôt tout que de retourner à l’état antérieur des choses. Prouver au monde connu qu’on est fort, qu’on est capable, indépendant.

Endurer l’ennui, souffrir les offenses, en chérissant l’espoir de joies qui viendront bien un jour. Un malheur dans la vie de l’autre occupe un temps. Un mariage, un peu plus long. Un enfant, quelques années. Qu’ils se succèdent et le temps passe. Un chien quand on n’peut plus. Changer d’objet. S’abrutir autant qu’on peut. Mourir tranquille et juste, d’extrême vieillesse, entouré d’enfants attentionnés et aimants, qui quand même secrètement se disent chacun son tour c’est temps qu’ils crèvent c’est mieux pour eux tu comprends je les aime tellement oui le petit dernier va très bien il a plein d’amis c’est un gosse brillant ah premier en classe c’est normal il est tellement calme tellement gentil reste tranquille veux-tu.

Ah mais non — ah mais non —, tout est si beau — tout est si beau —, cela fait des années qu’on se connaît — qu’on se connaît. Oui je suis très heureuse — suis très heureuse —, tout va très bien — tout va très bien.

S’il fait froid c’est qu’on est entouré de cadavres.

En toute chose il est un temps où s’impose un grand ménage.

mardi 12 avril 2011

Textes courts : Envois

ENVOIS.


C’est une histoire touchante, triste et banale, comme il en est cent, comme il en est mille.

« Janvier 1989

Connais-tu le plaisir de couper le papier d’un livre, d’être le premier à le défricher et à le déchiffrer. Une autre forme d’expérience de la virginité… littéraire cette fois.
Anouchka
à son baby. »

(Exemplaire non coupé.)

Il fut un temps où les livres étaient des choses qui demeurent. D’ores on en use, et les jette. C’est regrettable ; mais c’est ainsi.

Il fut un temps où les livres étaient des choses de partage. Sur la page de faux-titre, on écrivait d’une autre encre des mots d’offrande, on y priait l’être cher de bien vouloir etc., respectueusement, amicalement, avec ou sans baiser, dans l’espoir de, tu verras, fiers, hésitant, tendre, amoureux.

Les choses qui demeurent passaient de mains en mains, témoins d’histoires dont on ne saura guère plus que peu, dont on ne saura rien.

Il fut un temps où il fallait, pour les pouvoir lire, couper les pages. Il est heureux, pour une part, qu’on nous mâche le travail à présent : les preuves à charge disparaissent ; et tout passe, inentamé.

mardi 5 avril 2011

Textes courts : Compagne

COMPAGNE.


Hier, je rencontrai une femme qui n’était pas une femme.

C’était un camarade de guerre, le frère d’armes contre lequel j’avais combattu jusqu’à la mort et me reposais en toute confiance.

C’était un ami d’enfance que j’avais quitté la veille. Jamais il ne me juge et jamais je ne le juge, car aucun secret ne s’interpose entre nos coeurs. La pensée lourde d’avoir macéré en silence, les mots qui éclatent, débordent et blessent, jamais ne troublent le cours de notre entente, car chaque parole à l’autre dite allège le poids des jours.

Par suite, les mots secourent nos corps plutôt qu’ils ne les gèlent et, libérées du silence de mise, nos peaux s’entremêlent et jouissent dans le long temps des draps, qui du monde nous cèlent.

Il est bon d’avoir une demeure.

Peut-être vivrai-je quelques années encore.

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